Le pasteur et conférencier suisse Roland Hardmeier critique le fondamentalisme et le progressisme chrétiens
Le 9 mai, 120 délégués chrétiens romands et alémaniques de l’Alliance et du Réseau évangéliques suisses (SEA-RES) se sont retrouvés pour une assemblée nationale à Morat dans le canton de Fribourg. Le conférencier, pasteur et docteur en théologie Roland Hardmeier a questionné l’état des lieux du christianisme occidental où le fondamentalisme et le relativisme s’imposent de plus en plus selon lui, indique les faîtières dans un communiqué du 11 mai.
Au cours de la rencontre, Michel Siegrist, professeur en formation pratique à la HET-PRO, a été nommé président du Réseau évangélique suisse, après avoir assumé cette fonction de façon intérimaire durant une année.
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Etre chrétien à l’heure de la postmodernité
«Que signifie être chrétien dans la pluralité radicale de la postmodernité, et qu’est-ce qui fait partie intégrante de la foi chrétienne, sans aucune réserve?» Face aux récupérations idéologiques actuelles du christianisme, Roland Hardmeier a souhaité tracer des lignes pour aboutir à un point d’équilibre.
Le théologien a critiqué l’approche progressiste de certains chrétiens, «avec une aile libérale et une aile post-évangélique»: des croyants «fondamentalement tournés vers le monde et [qui] s’efforcent de repenser les contenus de la foi à la lumière de leur époque». Il prend tout autant ses distances avec les chrétiens très conservateurs qui sont, d’après lui, «plutôt détournés du monde et s’efforcent de préserver la foi face à l’esprit du temps». Les premiers accepteraient ainsi une perte de foi pour éviter le conflit avec l’air du temps, les seconds auraient tendance à céder aux opinions unilatérales et au complotisme.
Il est possible, selon le conférencier, de trouver un équilibre entre ces deux pôles. Pour cela, le chrétien doit croire que la Bible est la Parole de Dieu, refuser le déclin de sa foi en adhérant à un socle spirituel solide, chercher la vérité et la justesse face aux questions éthiques. Roland Hardmeier a aussi posé un quatrième axe de réflexion, appelant à une compréhension renouvelée de l’Eglise, communauté qui doit faire face à l’individualisme de la postmodernité.