La psychologue clinicienne Marie-Estelle Dupont témoigne de sa foi sur Europe 1
Il est plutôt exceptionnel d’entendre un éditorialiste d’une radio non chrétienne parler de sa foi. C’est ce qu’a fait Marie-Estelle Dupont le lundi de Pâques sur Europe 1, dans l’émission «Et si on en parlait» qu’elle présente avec Romain Desarbres. La psychologue française, qui s’est fait connaître durant la pandémie de Covid-19, a tenu à souligner l’importance de croire, au-delà de ce qui est matériel.
Croire en «Un type qui vient mourir pour libérer les captifs»
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«’’A ton âge, tu crois encore en Dieu? » me lança, goguenard, un de mes proches.» C’est ainsi que Marie-Estelle Dupont a introduit son propos emprunt d’empathie envers l’incroyant, et de confiance en Dieu. Sa réponse est fière et assurée: «A mon âge, plus que jamais. Mais ce n’est pas le Père Noël, tu sais. (…) Je le ressens dans tous mes impossibles surmontés.»
Cette réponse, son interlocuteur ne l’avait pas saisie, appuyé sur des certitudes matérialistes et rationalistes, décrit-elle: «J’ai compris qu’il mélangeait tout, qu’il était tellement encore marqué par ses blessures d’enfant, que l’idée d’être inconditionnellement aimé de quelqu’un lui semblait parfaitement ridicule et que déifier la technologie, la science ou la raison était quand même signe d’un esprit nettement plus éclairé.»
La psychologue ne saurait, pour sa part, «fermer la porte à l’inconscient, au mystère, à l’invisible et aux 1000 signes que la matière n’est qu’un tout petit morceau du vivant», mais elle conçoit que cela puisse «donner l’impression de maîtriser les choses [alors que] la foi est une expérience inexplicable à la fois spirituelle et charnelle, solitaire et collective, transmise et choisie, décidée et reçue.»
La foi, «une rencontre amoureuse»
Soulignant au passage que parmi les différentes croyances, seule la foi chrétienne est tournée en ridicule, Marie-Estelle Dupont explique que «cette histoire d’un type qui vient pour nous dire qu’il nous aime au point de mourir et de libérer les captifs» est fondamentale pour elle.
Dans une approche rhétorique questionnant la foi, la psychologue demande si «notre rationalité à tous crins» ne serait pas «une fermeture du cœur à l’insondable mystère de la vie donnée», «une des raisons de nos colères enfouies». Marie-Estelle Dupont affirme que la foi, c’est accepter que l’amour est un scandale, évoquant implicitement les mots de l’apôtre Paul («Nous prêchons Christ crucifié; scandale pour les Juifs et folie pour les païens», 1 Cor. 1, 23). Car, pour elle, «la foi est finalement une rencontre amoureuse qui nous surprend, nous déroute.» Et à ceux qui aimeraient croire mais disent ne pas pouvoir, elle répond que l’amour est toujours «trop beau pour être vrai».