Un pasteur transgenre critique le document de la Fédération protestante de France sur la transidentité
Publié en janvier, le document de la Fédération protestante de France (FPF) est un ensemble de réflexions et de recommandations pour «aider les Eglises et les unions d’Eglises à mieux appréhender une réalité à laquelle elles sont concrètement confrontées»: la transidentité. Arthur Gerstlé-Joly, pasteur au consistoire du Grand Lyon, a exprimé sa colère auprès du journal Réforme le 9 février.
Un document convoquant la science et la théologie
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Le texte validé par la FPF parle de la prise en charge psychologique, médicamenteuse et des traitements chirurgicaux spécifiques aux personnes qui souhaitent changer de sexe. Il s’achève avec une main tendue aux personnes dans ces situations, introduite par le sous-titre «Amour et accompagnement»: «Ensemble, nous disons que les relations auxquelles nous sommes invités en Christ doivent être marquées par l’amour; une personne éprouvant une incongruence de genre ne doit pas être jugée, condamnée ou rejetée pour ce qu’elle est et ressent être.»
Arthur Gerstlé-Joly juge toutefois choquant que l’accent soit mis sur l’aspect médical au détriment de bases théologiques: «On parle d’un document destiné aux Eglises, et l’on y trouve huit pages de théologie contre près de vingt pages de considérations médicales», explique-t-il au média protestant. Selon lui, ce faisant, les auteurs du rapport psychiatrisent la transidentité, nonobstant l’intention affichée.
Compromis?
Le texte de la FPF souligne la diversité du protestantisme sur ces sujets sociétaux. Les signataires estiment que «l’amour conduit certains à vouloir accompagner la personne concernée vers l’acceptation de son corps sexué reçu à la naissance [tandis que pour] d’autres, l’amour réside dans l’acceptation du chemin de cette personne vers sa nouvelle identité.» Un passage qui sonne comme un compromis entre protestants évangéliques et protestants historiques au sein de la FPF.
Arthur Gerstlé-Joly se dit par ailleurs «profondément attristé que la dernière phrase – « Dieu nous bénit tous » – ait été supprimée pour ne pas froisser certaines Eglises évangéliques», alors que «la bénédiction finale, lors d’un culte, s’adresse à toute l’assemblée». Le pasteur affirme également que sa «première réaction», en lisant les recommandations, «a été de [se] dire: nous n’avons pas besoin de votre pitié.» De son côté, l’Antenne LGBTI de Genève a elle aussi, le 24 février, critiqué le texte de la Fédération, selon elle surtout centré sur le dialogue entre les Eglises.