La part des personnes «sans religion» a encore augmenté en Suisse
L’Office fédéral de la statistique vient de publier les résultats de ses observations sur le paysage religieux en Suisse jusqu’en 2024. La tendance suit celle des dernières années, soit une sécularisation progressive et davantage de personnes qui se déclarent «sans religion». En effet, si celles-ci représentaient 23% de la population en 2014, elles sont à présent 36,8%. Un chiffre en croissance linéaire, avec une tendance à la hausse. Les protestants «historiques» (réformés notamment) et les croyants catholiques sont de moins en moins nombreux alors qu’ils représentaient respectivement 25,5% et 37,9% de la population dix ans auparavant. La part de la population qui se revendique de l’une ou l’autre de ces dénominations n’atteignait plus que 18,7% et 30% en 2024.
Pour leur part, les communautés juives (0,2%), musulmanes (6%) et les autres communautés religieuses (1,3%) restent stables, tout comme les «autres communautés chrétiennes» dont font partie les évangéliques. La part de ces dernières oscille entre 5,6% et 5,9% sur les dix dernières années, avec cependant une légère tendance à l’augmentation (6% en 2024). Elles connaissent une faible augmentation en Suisse romande et sont présentes principalement dans les cantons de Vaud et du Valais. A Genève, le chiffre est en baisse, et leur nombre stagne à Neuchâtel et dans le Jura.
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Un lien démographique et culturel
Selon une publication de Statistique Vaud plus tôt cette année, la tendance à la désertion des Eglises est nationale, avec une moyenne d’âge des fidèles vieillissante. Le document explique que ces évolutions sont expliquées par les dynamiques démographiques: dans un pays fortement ancré dans le protestantisme depuis le 16e siècle, la communauté catholique a d’abord été enrichie par l’immigration italienne, espagnole et portugaise. Dans les années 1990, l’immigration provenant des Balkans a renforcé la communauté musulmane. Statistique Vaud observe, en perspective, qu’«un niveau de formation élevé est fréquemment associé au fait de ne pas déclarer de religion», alors que le nombre de diplômes délivrés au niveau tertiaire a explosé ces vingt dernières années.
S’appuyant sur une étude de 2025, les rapporteurs expliquent par ailleurs que le déclin du religieux s’effectue en trois étapes: d’abord, la diminution des pratiques collectives; ensuite, l’importance de la religion dans la vie individuelle qui décroît; enfin, l’affiliation à une communauté religieuse est abandonnée. La raison la plus souvent mentionnée par les personnes sans religion (49% d’entre elles) est «celle de n’avoir jamais eu la foi ou de l’avoir perdue». La seconde raison est «le désaccord avec les prises de position de la communauté» (18%).