Tragédie à Crans-Montana: Les voix des Églises
Au lendemain de la tragédie de Crans-Montana, qui a fait 40 morts et près de 120 blessés dans un incendie survenu le 1er janvier, les réactions se multiplient au sein de la population et des Eglises, avec un mouvement massif de solidarité marqué par un recueillement partagé face à l’horreur vécue. En Valais, les chrétiens se sont rapidement mobilisées. Catholiques et protestants ont laissé leurs églises et temples ouverts tout le week-end du 3 au 4 janvier, afin d’offrir des lieux de silence et de prière, mais aussi d’écoute. Dès les premières heures suivant le drame, prêtres et pasteurs ont proposé une présence active auprès des familles touchées.
Dans une prise de parole introspective, le chanteur chrétien évangélique Philippe Decourroux a partagé, sur sa chaîne YouTube le 3 janvier, une réflexion personnelle sur l’attitude humaine face au drame. «Certains diront « On ne peut pas porter tous les malheurs du monde”, et c’est vrai. Mais pour ma part, plutôt que d’affirmer qu’on ne peut rien faire, je choisis toujours de rester dans le questionnement. (…) je veux demeurer dans cette question: et moi, j’aurais fait quoi?», a-t-il déclaré, évoquant les attitudes contrastées durant cette nuit tragique, entre ceux reconnus pour avoir fait preuve de «gestes héroïques» et ceux restés en retrait pour filmer la catastrophe.
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«Que je puisse rester toujours constamment éveillé»
Refusant cependant tout jugement, Philippe Decourroux explique que cette interrogation le conduit d’abord à la prière: «Cette question me pousse à prier Dieu en l’implorant que je puisse rester toujours constamment éveillé, attentif au besoin et à la souffrance des autres». Il conclut son intervention en priant pour les familles endeuillées, les blessés et les soignants mobilisés.
L’Eglise évangélique réformée du Canton de Vaud (EERV) a également fait part de son émotion et de sa compassion envers les personnes touchées. Dans une publication du 2 janvier, elle souligne en effet être profondément affectée, rappelant que de nombreuses familles, dont plusieurs vaudoises, sont frappées dans ce qu’elles ont de plus cher. La faîtière protestante évoque le deuil et l’incertitude des proches des blessés comme autant d’épreuves «incommensurables».«Face à de tels drames, l’Eglise réformée vaudoise exprime sa solidarité avec toutes les victimes, d’ici et d’ailleurs; elle le fait également à l’endroit de toutes celles et de tous ceux qui ont pris et continuent de prendre en charge les personnes touchées.»
Une union œcuménique en renfort
Dans cet esprit, une prière commune a été prononcée lors des cultes du 4 janvier dans tout le canton de Vaud, et a également été lue lors de services religieux organisés par la Fédération des paroisses catholiques, ainsi que par la Communauté juive de Lausanne et du Canton de Vaud, soulignant une démarche interreligieuse exceptionnelle. L’EERV rappelle par ailleurs que «ses ministres sont à disposition de toutes celles et de tous ceux qui sont à la recherche de soutien et de réconfort dans cette période dramatique».